Criquet

Poésie Nomade / Poésie vagabonde / Poésie furtive.

Haikuik 152 / Volatiles

Si les mots dont j’use te délivrent de tout message,

pour n’être que pure rémanence rétinienne – celle d’un vol d’étourneaux,

alors, célébrons ensemble cette victoire des oiseaux !

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Haikuik 151 / Nager

Le poisson pourrit par la tête.

Avant, il nageait

vif et brillant de son désir océanique.

Haikuik 150 / Caresse

Caressez.

L’idée fixe.

De votre mort.

Haikuik 149 / Léger

Au coeur de tout songe sommeille

la possibilité du désastre.

Et cette éventualité l’allège.

 

Haikuik 148 / Pupille

Il faudrait que je me lave de cette poussière

accumulée au fond des yeux, d’avoir vu la fatigue du monde,

que je me baigne dans l’éclat de tes yeux.

Haikuik 147 / Le chemin

Je suis ce feu qui me glace.

Feu froid d’effroi qui illumine

les cieux avides et chavirés.

Haikuik 146 / Le meilleur ami de l’homme

Il n’y a pas de coïncidence.

Robert Walser promenait son chien, le jour où Staline est mort.

Nul témoin, mais son chien l’assure.

Haikuik 145 / Vers patûrage

“Rater mieux”, c’est de Becket.

“Raturer mieux”, c’est de moi. C’est raté.

“Pâturer mieux”, c’est bovin, et c’est une aspiration collective qui ne rate pas.

 

Haikuik 144 / Elle

Nous s’était dénoué.

Elle me parlait d’ailes.

Elle s’est envolée.

 

Haikuik 143 / Libre

Tes pas libres,

tes pas qui commandent tes pas,

ne te dirigent pas.